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poésie 16ème siècle

 

Chanson XXX

 

J'ayme le cueur de m'Amye,

Sa bonté, et sa doulceur.

Je l'ayme sans infamie,

Et comme ung Frere la Soeur.

Amytié desmesurée,

N'est jamais bien asseurée,

Et mect les cueurs en tourment:

Je veulx aymer aultrement.

Ma Mignonne debonnaire,

Ceulx, qui font tant de clamours,

Ne taschent qu'à eulx complaire

Plus, qu'à leurs belles amours.

Laissons les en leur follye,

Et en leur melancolye:

Leur amytié cessera,

Sans fin la nostre sera.

 

Clément Marot

 

 

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Si notre vie est moins qu'une journée...

 

Si notre vie est moins qu'une journée
En l'éternel, si l'an qui fait le tour
Chasse nos jours sans espoir de retour,
Si périssable est toute chose née,


Que songes-tu, mon âme emprisonnée?
Pourquoi te plait l'obscur de notre jour,
Si pour voler en un plus clair séjour,
Tu as au dos l'aile bien empannée?


La, est le bien que tout esprit désire,
La, le repos où tout le monde aspire,
La, est l'amour, la, le plaisir encore.


La, ô mon âme au plus haut ciel guidée!
Tu y pourras reconnaitre l'idée
De la beauté, qu'en ce monde j'adore.

Joachim du Bellay

 

 

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Baiser

Quand ton col de couleur rose
Se donne à mon embrassement
Et ton oeil languit doucement
D'une paupière à demi close,


Mon âme se fond du désir
Dont elle est ardemment pleine
Et ne peut souffrir à grand'peine
La force d'un si grand plaisir.


Puis, quand s'approche de la tienne
Ma lèvre, et que si près je suis
Que la fleur recueillir je puis
De ton haleine ambroisienne,


Quand le soupir de ces odeurs
Où nos deux langues qui se jouent
Moitement folâtrent et nouent,
Eventent mes douces ardeurs,


Il me semble être assis à table
Avec les dieux, tant je suis heureux,
Et boire à longs traits savoureux
Leur doux breuvage délectable.


Si le bien qui au plus grand bien
Est plus prochain, prendre ou me laisse,
Pourquoi me permets-tu, maîtresse,
Qu'encore le plus grand soit mien?


As-tu peur que la jouissance
D'un si grand heur me fasse dieu?
Et que sans toi je vole au lieu
D'éternelle réjouissance?


Belle, n'aie peur de cela,
Partout où sera ta demeure,
Mon ciel, jusqu'à tant que je meure,
Et mon paradis sera là.


Joachim du Bellay

 

 

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Sonnet à Mesme

 

Ce que j'aime au printemps je te veux dire mesme :
J'aime à flairer la rose, et l'oeillet, et le thym;
J'aime à faire des vers et me lever matin
Pour, au chant des oiseaux, chanter celle que j'aime,

En été, dans un val, quand le chaud est extresme,
J'aime à baiser sa bouche et toucher son tetin;
Et, sans faire autre effet, faire un petit festin,
Non de chair, mais de fruit, de fraises et de cresme:

Quand l'automne s'approche et le froid vient vers nous.
J'aime avec la chastaigne avoir le bon vin doux
Et, assis près du feu, faire nue chère lie.

En hiver, je ne puis sortir de la maison
Si n'est au soir masqué; mais en toute saison,
J'aime fort à coucher dans les bras de ma mie,.
Olivier de Magny

 

 

 

 

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